Je suis plombier au Vatican.
L'autre jour, on vient me trouver.
— Venez vite, l'abbé noir coule !
Je prends mon courage et mes outils, je monte à Saint-Pierre.
Je débouche dans la salle de bain du Saint Père.
Je me dis : « si la baignoire coule, il doit y avoir des fuites ».
J'avise une balance.
Je la passe à tabac. Toute une blague.
Elle finit par cracher le morceau.
— On veut enlever le Souverain Pontife !
Alors ça... le pape otage, ça va faire jaser.
Je dois prendre des mesures.
Réflexion faite, je prends plutôt la fuite.
Je reviens sans.
Alors du coup, il n'y a plus de fuites, la balance est muette.
Elle tente de se blanchir.
Bon prince, je lui passe un savon.
Il faut que je mette le pape au courant, il doit être dans le secteur.
Survolté, je descends en bas.
Au vatican, ce n'est pas un pléonasme, vu que le Pontife a manqué se
faire descendre en haut.
Il est sans doute dans la salle des papes perdus.
Dans l'escalier, je rate une marche militaire et je tombe sur un garde suisse
qui aurait mieux fait d'être garde-fou.
Je me relève, lui demande où est le Saint Père.
— Il est au Saint-Siège.
Je remonte à la salle de bain.
Dans les toilettes, le pape y est, froissé.
— C'est qui ?
— C'est le plombier !
— C'est pour quoi ?
— J'ai un tuyau pour vous !
— Posez-le là...
Excédé, je lui raconte toute l'histoire.
Il refuse de la croire.
L'ingrat.
Il continue à faire ses bulles pendant que je rentre, l'air inutile.
J'aurais pas dû attendre de récompense.
J'aurais pas dû confondre basilique et lauriers.